Cet endroit me semble abandonné. Il me semble que je n'y mets plus les pieds, comme si sa signification m'était désagréable, dérangeante. C'est poussiéreux ici, faudrait ranger, faudrait faire le ménage, balayer, ouvrir les rideaux, rétablir l'ordre. Comme un vieux grenier à qui l'on donnerait une deuxième vie tout en lui laissant cette odeur de souvenirs, cette si bonne odeur de nostalgie enivrante. Oui mais non. Non, je ne changerai rien. Bien sûr, j'aurais envie de supprimer cette ancienne vérité qui n'est plus, mais ce serait supprimer une partie de mon histoire. C'est marrant, je parle comme s'il s'agissait de la fin d'une saga super passionnante. M'enfin non, redescendez, tout ceci n'est qu'un bribe de vie ordinaire, un bout d'adolescence maladroitement contée, une innocence mal cachée, une tentative, une esquisse, une envie d'embellir la réalité de l'existence. Dans cet endroit, on exagère tout comme pour se donner de l'importance, comme si tout était tout noir ou tout blanc. Les mots savent donner cette illusion, à celui qui écrit, à celui qui lit. Tout ce discours pour dire que j'arrête. Il y a des événements dans la vie qui vous font grandir, qui vous font vous rendre compte que tout ceci n'est qu'une jolie mascacarde, agréable un temps, une petite parenthèse. J'ai ouvert les yeux, douloureusement, comme la plupart du temps. Ca fait toujours mal de sortir du pays de Candy, où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Après coup, on en sort un peu cabossé, c'est bien mieux l'enfance, jouer à cache-cache avec quelque chose qui vous tombera un jour sur le coin de la gueule, lourdement sans crier gare. Ne prenez pas ce petit mot pour un bureau des pleurs. Loin de là, j'ai arrêté ça aussi. Ris tout le monde rira avec toi, pleure tu seras seul à pleurer. sauf exception. Maintenant je vais bien, extrêmement bien même. La vie c'est ça, c'est tout. Il y aura toujours des hauts, des bas, des envies de tout laisser tomber, des choix, des rires, des sanglots... pourquoi essayer de résumer. Vous savez très bien de quoi je parle, je parle d'un truc universel. Pourquoi moi, du haut de mes 1m53 1/2, je réussirais mieux qu'un autre à expliquer ce mystère qu'est l'existence. Ce mystère je l'aime au final car je l'ai compris et cela m'a aidé, énormément. J'ai récupéré certaines choses du passé, j'en ai abandonnées d'autres, j'aime mon présent, j'aime la liberté, l'indépendance, j'aime ma dépendance à une certaine chose, j'aime les rencontres, la nuit, l'inattendu, la nouveauté, le risque, la sécurité. J'aime ces choses qui me font, ces choses paradoxales. Mais rien ne s'explique, rien ne se résume, rien n'est logique. Je m'en vais, épanouie, je vous dit au revoir, chers lecteurs inexistants =). Soyez heureux, soyez amoureux, riez, pleurez : vivez.